• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

REGEFOR 2017: Science et Politique. Les outils législatifs face aux risques phytosanitaires liés aux bioagresseurs. 

Durant la 6ème édition des Ateliers biannuels pour « Recherche et Gestion Forestière » (REGEFOR), les bioagresseurs étaient à l’honneur. Retour sur trois journées d’échanges et de réflexion sur les risques provoqués par l’émergence de ces organismes dans les forêts européennes. Du 20 au 22 juin 90 participants ont assisté aux 4 sessions thématiques abordant l’ensemble des enjeux et problématiques liés à l’émergence de bioagresseurs forestiers en Europe. Chercheurs, ingénieurs, gestionnaires forestiers, membres d’associations de protection de la nature, un panel d’acteurs divers de la filière forêt ont pu établir ensemble un état des lieux sur le sujet.

REGEFOR 2017 présentation EPPO © Sarah-Louise Filleux
Mis à jour le 30/06/2017
Publié le 29/06/2017

L’augmentation des déplacements internationaux de matériel forestiers (graines, plants) et de produits forestiers (grumes, palettes) se traduit par une augmentation d’introduction de nouveaux bioagresseurs dans les pays importateurs. Au niveau européen, l’OEPP (Organisation Européenne de Protection des Plantes) est en charge de coordonner les mesures phytosanitaires de chaque pays pour éviter l’introduction et la propagation de bioagresseurs règlementés. Ainsi un protocole d’Analyse du Risque des Bioagresseurs (PRA) est mis en place selon les schémas préétablis internationalement. Ce protocole peut conduire à la mise en quarantaine de certaines espèces.
En France, c’est le Département de la Santé des Forêts qui s’occupe de la surveillance des bioagresseurs émergents pour répondre aux nombreux besoins des gestionnaires forestiers. Ici aussi il s’agit de garantir au pays que certaines zones restent indemnes de toute infestation via la mise en place de mesures vis-à-vis de l’importation ou en détectant les foyers à éradiquer, avec l’aide des laboratoires de références. La stratégie et l’organisation de la surveillance des bioagresseurs émergent en forêt doit aussi prendre en compte l’évolution temporelle de ces émergences avec des installations durables. Ainsi une surveillance régulière est menée par des forestiers de terrain dits « correspondants observateurs » du CNPF, de l’ONF et des services d’Etat. En parallèle, des travaux de recherche sont menées afin de mieux comprendre le mécanisme d’apparition des espèces invasives et de trouver des méthodes pour contrer ces émergences. Outre le contrôle visuel rarement incontestable, il existe deux types d’analyses avec des finalités différentes : les analyses de détection et celles d’identification.
Chez nos voisins Suisses, la forêt couvre une surface de 1,3 millions d’hectares soit près de 30% du territoire1. De par la topographie montagneuse du pays la moitié des forêts jouent un rôle protecteur face aux dangers naturels, un rôle mis en péril par les changements climatiques et les échanges internationaux. Les espèces forestières invasives ont obligé la Suisse à renforcer les systèmes phytosanitaires existants aussi bien au niveau politique et législatif qu’au niveau scientifique pour diagnostiquer plus efficacement les espèces invasives. Ainsi la surveillance contre les risques d’introduction du nématode du pin (présent en Espagne et au Portugal) a été renforcée.

 [1] En France la surface forestière couvre 17 millions d’hectares soit aussi 30% du territoire