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REGEFOR 2017 : Bioagresseurs en forêt d'Europe, à quelle situation devons-nous faire face ?

Durant la 6ème édition des Ateliers biannuels pour « Recherche et Gestion Forestière » (REGEFOR), les bioagresseurs étaient à l’honneur. Retour sur trois journées d’échanges et de réflexion sur les risques provoqués par l’émergence de ces organismes dans les forêts européennes. Du 20 au 22 juin 90 participants ont assisté aux 4 sessions thématiques abordant l’ensemble des enjeux et problématiques liés à l’émergence de bioagresseurs forestiers en Europe. Chercheurs, ingénieurs, gestionnaires forestiers, membres d’associations de protection de la nature, un panel d’acteurs divers de la filière forêt ont pu établir ensemble un état des lieux sur le sujet.

. © Inra
Mis à jour le 29/06/2017
Publié le 29/06/2017

Bien que les émergences de bioagresseurs ne soient pas des phénomènes récents, elles posent pour la santé des forêts de multiples questions et de nouveaux enjeux. A la création du Département de la santé des forêts (DSF) en 1988, un état des lieux a été réalisé par les chercheurs de l’Inra et de l’Irstea (ex-Cemagref) pour lister les principales causes de dommages de la forêt française à l’époque. L’analyse de la base de données du DSF permet de dresser l’évolution du paysage sylvo-sanitaire sur une trentaine d’années. Il ressort de cette analyse que :

  • Les grandes causes classiques de dommages initialement identifiées fluctuent au cours du temps mais restent bien présentes et impactantes sur la santé des peuplements
  • Quelques espèces importantes avant 1988, comme la cochenille du hêtre, régressent tout en restant endémique (c’est-à-dire présentes sans causer d’épidémies).
  • Plusieurs espèces autochtones ou introduites depuis très longtemps, telles que la processionnaire du pin, progressent fortement tant spatialement que temporellement.
  • Plusieurs espèces introduites plus ou moins récemment, comme la chalarose du frêne, prennent une importance prépondérante dans la surveillance de l’état des forêts.

Dans certains cas, ces émergences perturbent fortement les orientations de gestion. Replacer ces phénomènes dans un cadre conceptuel commun à la santé végétale, animale et humaine, et dans le contexte des changements globaux, permet de mieux identifier les mécanismes et facteurs qui favorisent les maladies émergentes et les possibles leviers d’action. Les stratégies à développer pour la gestion et la prévention des émergences en forêt s’insèrent parfaitement dans le concept « One World, One Health », plus souvent évoqué en santé animale et humaine, et dont l’objectif est d’améliorer la santé par une approche systémique et globale.