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Les jeunes de la PJJ et l’Inra : 20 ans d’échanges réciproques

Chaque année, depuis 1995, une trentaine de jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) viennent entretenir l’arboretum d’Amance en période estivale dans le cadre d’une convention avec l’INRA. Ce dispositif soutenu par la préfecture de Meurthe et Moselle est organisé dans le cadre de l’Opération « Ville, vie, vacances ».

Travail à l'arboretum par les jeunes de la protection judiciaire. © Inra, E. Karleskind
Mis à jour le 31/07/2015
Publié le 23/07/2015

A l’initiative de Michel Vernier, alors ingénieur à l’Inra, cette opération a vu le jour en parallèle à la création du CPIE Nancy Champenoux (Centre permanent d’Initiatives pour l’environnement). Le CPIE souhaitait développer des manifestations de sensibilisation, de formation et d'éducation à l'environnement auprès du grand public. L’arboretum se trouvait donc être un terrain d’action privilégié. Or à l’époque, il est à l’abandon, en friche. Il fallait donc trouver une solution… L’environnement, le contexte, le projet, tout était réuni pour proposer des travaux aux jeunes de la PJJ.

Les jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse travaillent à l'arboretum. © Inra, E. Karleskind
Les jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse travaillent à l'arboretum © Inra, E. Karleskind
Depuis, chaque année, en juillet et août, les jeunes viennent par groupes de 7 ou 8 accompagnés d’un éducateur et d’un professeur technique de l'Unité Educative d'Activité de Jour dirigée par Martin Roussel. Ils viennent pour ramasser les branches, débroussailler le terrain, nettoyer les chemins et poser du grillage. Leur action ne s’arrête pas là, bien au contraire ! Lors du nettoyage de l’arboretum après la tempête de 1999 ou encore lors de l’entretien de la pépinière, ils ont été d’une aide très précieuse. En 2001, certains d’entre eux ont même travaillé en collaboration avec un artiste lors de la valorisation de l’arboretum à travers la création de mises en scène.

La portée de cette action est multiple. Elle permet en priorité de remobiliser les jeunes sur un projet d’insertion professionnelle, ils ont un travail à réaliser dans un temps imparti. Les aspects techniques et pédagogiques font également partie des points forts du programme. En plus d’apprendre le maniement des machines, les règles de sécurité, les jeunes acquièrent des connaissances sur l’histoire de l’arboretum, sur la biologie des arbres, sur le respect de l’environnement. Le travail en équipe, le respect des consignes, la vie en collectivité sont des valeurs qui prennent alors tout leur sens. « Je me suis porté volontaire pour ce travail, nous sommes présents dans l’arboretum tous les matins. Je trouve cela très enrichissant d’aider à entretenir notre patrimoine, d’en apprendre plus sur la nature et de découvrir par la même occasion l’utilisation de nouvelles machines » explique Roman, présent sur le chantier depuis 2 semaines.

Ces jeunes peuvent être fiers de leurs réalisations, en effet, ces travaux sont utiles et largement valorisés, notamment lors de l’ouverture de l’arboretum pendant les journées du patrimoine ou encore pendant l’événement « Embarquement immédiat dans l’arboretum ». En 2005 le Garde des Sceaux, Pascal Clément, s’est déplacé dans le cadre d’une visite officielle sur le chantier et a constaté l’effort déployé par les travailleurs.

Les jeunes de la PJJ travaillent avec l'Inra. © Inra, E. Karleskind
Les jeunes de la PJJ travaillent avec l'Inra © Inra, E. Karleskind

Les collaborations entre l’Inra et la PJJ ne s’arrêtent pas là… Les jeunes sont également impliqués en hiver et au printemps dans les travaux de recherche du réseau « Matières Organiques du Sol ». Encadrés par Bernd Zeller, chercheur de l’unité BEF (Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers), ils participent à la collecte de branches, de résidus de coupe, à la réalisation de fagots, au soufflage des feuilles sur des terrains allant jusqu’à 1,5 hectare en forêt de Champenoux et forêts vosgiennes. Les unités BEF et IaM mettent en place ce réseau pour notamment accompagner les politiques publiques en matière d’intensité de prélèvement de la biomasse et de remédiation par les cendres de bois. « En 2014, ils sont venus nous aider au total pendant 6 semaines et pour le moment nous en sommes à 4 semaines en 2015.  Les équipes sont motivées, efficaces. Les échanges sont réciproques, cela est très plaisant de toucher un public différent. Les travaux du réseau MOS impliquent également des jeunes des PJJ de Strasbourg, Belfort et Besançon » explique Bernd. Yannick Bruhl est le responsable de l'UEAJ qui se charge de la constitution du groupe et du partenariat.

Pour l’ensemble de ces projets, les conditions de travail sont dures. Froid, pluie, chaleur, endurance, efforts physiques sont le quotidien de ces jeunes. Cependant, l’apport est considérable puisqu’ils partagent une expérience commune et réalisent les mêmes travaux que les éducateurs et les chercheurs. Ils prennent plaisir à accomplir un travail utile, reconnu et légitime où le maître mot est « le faire avec ». 

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Retrouvez le discours du Garde des Sceaux : ici