Risques Biotiques en Forêt : analyser et mobiliser les acteurs pour suivre, comprendre et agir.

Avec ses arbres remarquables dont la cime semble rejoindre les étoiles et  ses couleurs chatoyantes à l’automne, la forêt semble immobile dans l’espace mais aussi dans le temps. Pourtant ces géants de bois sont loin d’être immuables, ils restent, comme n’importe quel organisme vivant, vulnérables. Cette vulnérabilité face aux risques biotiques était au cœur de la réflexion menée par une cinquantaine de  professionnels de la filière bois et de chercheurs les 19 et 20 juin 2017 au Centre Inra Grand Est Nancy.

Journée Inra ONF - présentations en salle de conférence © Yves Bernardi

« Construire une vision partagée pour mieux gérer les risques biotiques1

C’était l’objectif principal de ces journées de réflexion entre l’Inra et l’ONF : dégager des pistes de progrès et de collaboration de gestion de crises sanitaires. Insectes, champignons pathogènes, bactéries, virus… les risques biotiques observables en forêt sont parfois traités au cas par cas et dans l’urgence. Durant 2 jours, par des exposés et des retours d’expériences, ces risques ont été abordés d’une façon générique pour dégager des pistes d’amélioration dans la gestion de ces risques. Certains problèmes actuels particuliers tel les hannetons de Compiègne, maladie des bandes rouges ou la processionnaire du pin maritime ont servi à illustrer des situations de crise et non à focaliser l’attention sur un cas particulier.

1 risques biotiques considérés : Insectes ravageurs, Pathogènes, Bactéries, Virus ; Grands ongulés

Risques biotiques : quels outils d’analyses et quelle gestion ?

L’évènement organisé en quatre sessions thématiques a permis de comparer des cas concrets aux modèles théoriques. Analyser les risques pour mieux gérer mais avec quels outils ?
 Les outils d’évaluation, de détection et de caractérisation dont on dispose à l’heure actuelle sont-ils satisfaisants ? Dispose-t-on d’outils pour détecter l’inconnu ? Quels sont les impacts des perturbations biotiques sur les services écosystémiques voire la santé humaine (et donc l’organisation du travail) ? Quels acteurs sont mobilisés pour évaluer ces impacts? L’homogénéisation des forêts accroit-elle leur vulnérabilité aux agents pathogènes ? Comment adapter la sylviculture pour minimiser les risques ?
 Des éléments de réponse sur la gestion des crises ont pu être dégagés lors des 3 ateliers conscacrées aux 3  étapes « avant, pendant et après la crise ».

Que peut-on faire collectivement pour mieux s’organiser dans l’avenir en cas de crise ?

A l’issu de ces journée de réflexion,  plusieurs pistes ont été proposées pour mieux gérer les crises telles que :

  • La rédaction d’un second tome du guide de gestion des forêts en crise sanitaire (pour faire suite au 1er, rédigé en 2010 par l’ONF),
  • L’amélioration de la coordination entre les acteurs :  DSF (Département Santé des Forêts du MAAF), l’ONF et l’INRA ; et la mise en place d’une plateforme « risques », rejoignant ainsi une proposition émise  dans le cadre du programme national de la forêt et du bois 2016-2026 (PNFB).
  • Autour de ces deux points majeurs, il a aussi été envisagé d’améliorer les échanges d’informations entre pays  ainsi que les données issus des différents dispositifs expérimentaux ou d’observations mis en place.
  • Un autre enjeu serait de mieux évaluer l’impact de ces crises notamment du point de vue économique.
  • Enfin, le développement de projets participatifs pourrait permettre de mieux informer et impliquer le grand public des différentes prises de décisions dans la gestion de ces crises.

Les présentation de la journée sont disponible en ligne