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Le centre dans les médias. © Inra, J. Galet

Les médias en parlent

Sillégny : une récolte d’envergure !

Dans le cadre du projet ANR H2Oak, une quinzaine de scientifiques et techniciens des centres Inra de Nancy-Lorraine (UMR EEF, UEFL) et de Bordeaux-Aquitaine (UMR Biogeco) ont récolté en février dernier 678 chênes sessiles dans la plantation comparative de Sillégny, près de Louvigny (57) et ont prélevé autant de rondelles de tiges et de bourgeons. 

Mis à jour le 02/04/2015
Publié le 26/03/2015

La récolte a été un succès grâce à l’investissement de tous les participants et la pré-organisation exemplaire par les techniciens de l’UEFL. Cette campagne de collecte a été couverte par un reportage du Républicain Lorrain. Près de 45000 arbres de 107 provenances de chêne sessile couvrant l’ensemble de l’aire de répartition de cette espèce en Europe ont été plantés,il y a 25 ans. Seize provenances ont été sélectionnées pour le projet H2Oak, en utilisant les suivis de croissance des arbres dans la plantation et en considérant également les conditions climatiques et les types de sol des populations d'origines. Les scientifiques cherchent à caractériser les différences d'efficience d'utilisation de l'eau (rapport entre la biomasse accumulée et l'eau transpiré ; WUE, « Water Use Efficiency » en anglais) entre provenances. Une relation avec les conditions climatiques subies par les populations d'origine pourrait indiquer l’existence de différences adaptatives entre les provenances du chêne sessile, une information importante à prendre en compte pour l'adaptation de la sylviculture du chêne  au changement climatique.

Récolte Sillégny. © Inra, UEFL
Récolte Sillégny © Inra, UEFL
Les rondelles de tronc prélevées permettront aux chercheurs de reconstruire, grâce à la présence des cernes de croissance, non seulement les variations annuelles passées de la croissance des arbres depuis leur plantation mais aussi celles d'efficience d'utilisation de l'eau. Pour le projet H2Oak, une période particulière est utilisée pour les analyses d'efficience d'utilisation de l'eau: une année humide (2002), une année très sèche (2003) et l'année suivante (2004). Les chercheurs souhaitent en savoir plus sur le comportement des arbres de différentes provenances face à la contrainte exceptionnelle de 2003, la réponse à la sécheresse, et la récupération l’année suivante. Des prélèvements ont également été effectués en vue d’analyses génétiques afin de cribler les individus récoltés pour des variations alléliques de gènes candidats de l'efficience d'utilisation de l'eau et de la croissance. Cette analyse indiquera quelles fonctions précises liées au rapport entre accumulation de biomasse et transpiration sont impliquées dans des processus adaptatifs. C’est une étape importante pour comprendre la diversité présente au sein de l'espèce et  l'impact de la sylviculture sur la diversité génétique adaptative des forêts gérées.

Oliver Brendel

Chargé de recherche, UMR 1137 Ecologie et Ecophysiologie Forestières.

Oliver Brendel. © Inra, EEF
Oliver Brendel © Inra, EEF
Oliver Brendel est le coordinateur du projet H2Oak. Oliver a monté ce projet dans le cadre de ses travaux sur l’efficience de l’utilisation de l’eau des chênes sessiles et pédonculés. Il s’intéresse au déterminisme génétique qui se cache derrière la diversité de ce paramètre chez ces deux espèces de chênes.« Au sein d’une famille de clones de chênes pédonculés, une région génomique fortement impliquée dans la diversité de l’efficience d’utilisation de l’eau a été mise en évidence. Cette observation est à la base du projet, qui a comme objectif de déterminer si l’efficience d'utilisation de l'eau et les traits sous-jacents jouent un rôle adaptatif chez les chênes. » Ce déterminisme fort suggère la possibilité de trouver des gènes responsables de l’adaptation des populations naturelles à leur environnement. « Grâce aux prélèvements de bourgeons de février, nous allons extraire l’ADN, séquencer plusieurs centaines de gènes et comparer leur diversité avec les mesures de croissance, d’efficience d'utilisation de l'eauet leur plasticité. Ceci nous permettra ainsi d’identifier des gènes pouvant servir d’indicateurs d'une adaptation aux conditions locales. » Ces travaux permettront également d’amorcer l’étude de l’impact de la sylviculture pratique sur la diversité génétique adaptative du chêne.

Stéphane Ponton

Chargé de recherche, UMR 1137 Ecologie et Ecophysiologie Forestières.

Stéphane Ponton a participé à l’élaboration du projet H2Oak et est responsable de la tâche 3 du projet, directement concerné par l’échantillonnage à Sillégny. D’ailleurs, la plantation de Sillégny, c’est un endroit Stéphane Ponton. © Inra, UEFL
Stéphane Ponton © Inra, UEFL
qu’il connait bien ! En effet, pendant sa thèse, Stéphane a étudié la relation entre le dépérissement des chênes sessiles et pédonculés et leur efficience d’utilisation de l’eau. Afin de caractériser les variations intra-spécifiques d’efficience d'utilisation de l'eau, il avait eu l’occasion de faire des prélèvements sur cette plantation comparative rassemblant une large gamme de provenances. Aujourd’hui, le chercheur étudie plus généralement les effets des changements environnementaux à long terme sur les arbres. Pour cela, il doit avoir accès à la variation de l’efficience d’utilisation de l’eau passée des arbres. Que faire pour avoir accès à ces informations ? De la dendrochimie ! « C’est un véritable voyage dans le temps que nous réalisons », explique Stéphane. En analysant la composition isotopique du carbone de chacun des cernes des rondelles de Sillégny, il pourra en déterminer la fameuse efficience d'utilisation de l'eau de l’arbre année par année.

Fabrice Bonne

Technicien,  Unité Expérimentale Forestière de Lorraine

Fabrice Bonne. © Inra, UEFL
Fabrice Bonne © Inra, UEFL
Fabrice Bonne a encadré et participé à la plantation des 45000 chênes présents sur la plantation de Sillégny. Vers la fin des années 80, l’ONF a sollicité l’INRA (Antoine Kremer et Alexis Ducousso, UMR Biogeco à l’Inra Bordeaux-Aquitaine) pour lancer le programme Chêne. L’objectif était d’étudier la variabilité génétique du chêne sessile d’Europe, de tester la plasticité écologique des différents peuplements et d’étendre voire même de conserver les ressources de graines. Une expérience de plantations comparatives d’une centaine de provenances fut alors mise en  place. Ce  dispositif se  répartit  sur  4  sites en France dont Sillégny. A différentes dates clefs (5 ans, 10 ans et 20 ans de plantation), la circonférence, la hauteur, la phénologie ou encore l’architecture doivent être mesurés pour l’ensemble des arbres de la plantation. Pour cela, Fabrice et ses collègues, Thierry Paul et  Vincent Rousselet réalisent un travail titanesque. « Si l’on additionne la hauteur totale cumulée de l’ensemble des arbres que nous mesurons à la perche, cela revient à 314 km…. Nous avons également calculé que la distance parcourue à pied entre le premier et le dernier arbre de la plantation revient  à 80 km, ou 510 km cumulés depuis le début des notations, rien que pour les mesures standards !» De plus, l’intégralité de ces mesures sont réalisées par ces 3 agents : « Quand on commence une campagne de mesures,  tout doit être fait en même temps et de la même manière. Ce qui veut dire qu’à seulement 3 personnes (le plus souvent), il faut parfois effectuer 3 fois l’intégralité du parcours qui sépare le 1er du dernier arbre , afin de pouvoir effectuer  toutes les mesures qui seraient  impossibles à réaliser en 1  seul passage. Le temps nécessaire à la réalisation d’une campagne  s’étale sur plusieurs semaines. L'ONF s'est très fortement investi dans ce programme car il a mis à disposition les terrains, entretenu les dispositifs et soutenu humainement et financièrement les évaluations. Depuis peu, il nous vient en aide pour effectuer les mesures établies dans le prévisionnel de la Convention ». Les trois techniciens sont bien sûr en interaction avec les chercheurs du projet H2Oak. « En février a eu lieu la1ère éclaircie de la 3ème tranche, les chercheurs du projet H2Oak en ont donc profité pour venir récolter des échantillons de différentes provenances : rondelles et bourgeons » explique Fabrice. 

En savoir plus

lien vers l’article du républicain lorrain

 

Lien vers le site du projet H2Oak